Valpo_happyday

Valparaíso, jeudi 29 septembre 2011, 16h

Valpo_croisement

Concert d’éternuements dans le plan, la partie basse de la ville de Valparaíso. Les gaz lacrymogènes ont encore frappé. Des passants se sont attroupés. Que regardent-ils ? On ne distingue que des déchets à terre au croisement de deux rues. Ils barrent vaguement la route. Puis quelques carabineros (les policiers chiliens), casqués. Enfin, des « encapuchados », des étudiants, suppose-t-on, qui, en marge des manifestations, ont recours à des moyens plus radicaux, et dont le visage est caché par un tissu qui les protège des gaz. Ils lancent des projectiles en direction des policiers. Certains de ces projectiles viennent de la fenêtre d’un bâtiment voisin.

Valpo_encapuchados

Tous les passants se sont arrêtés côté police. Tandis que chacun se tient à une distance raisonnable, quelques photographes s’approchent, le visage couvert d’un masque à gaz. Un char blindé arrive. Les encapuchados et les militaires avancent et reculent successivement. On peine à comprendre le sens des manœuvres et la logique de la scène. Pourtant la chorégraphie doit être bien rodée depuis cinq mois que le mouvement étudiant et lycéen a commencé au Chili (voir articles du 4 juillet 2011 et du 5 août 2011), suscitant régulièrement ce type de débordement. La scène se poursuit quelque temps.

Valpo_feu

Une heure plus tard, un feu est allumé au milieu du croisement. Les affrontements se sont déplacés sur l’avenue Argentina. Les encapuchados traînent des barrières en travers de la route, barrant le passage à une armée de micros, ces petits bus qui pullulent à Valparaiso comme partout au Chili. Ils renversent un container de verre, qu’ils roulent sur la route. Toute la circulation est arrêtée dans un sens. Sensation de flottement devant ce blocage dans une avenue très passante, où les klaxons se faisaient entendre encore quelques instants auparavant. 

Valpo_micros

Soudain, une micro force le passage. Un jeunes homme au visage découvert lui lance une bouteille de verre. D’autres véhicules poursuivent leur route au-delà du barrage. Les encapuchados manifestent leur énervement.

Un char s’approche, des bombes lacrymogènes volent, le char repart à l’écart des protagonistes, provoquant l’éloignement des badauds qui préfèrent éviter de se retrouver au milieu de la scène. La circulation reprend rapidement.

On entendait il y a peu de temps que les cours allaient reprendre et le mouvement cesser. Il n’en est manifestement rien, à Valparaíso comme à Concepción ou à Santiago, où gaz lacrymogènes, canons à eau et cocktail Molotov accompagnent les rassemblements.

Valpo_gaz

Les banderoles, les affiches et les slogans couvrent toujours les murs des maisons comme ceux des établissements scolaires et universitaires, confirmant la revendication : « Une éducation gratuite et de qualité pour tous ».