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Couverture de Zoológicos humanos. Fotografías de fueguinos y mapuche en el Jardin d'Acclimatation de París, siglo XIX, éd. Pehuén, 2006

Cet article est également paru sur mon blog Mediapart.

La compagnie aérienne chilienne LAN présente sur son site Internet un tutoriel (voir article précédent – la vidéo est indisponible à ce jour), destiné à expliquer à ses clients la marche à suivre pour payer leurs billets d’avion avec les kilomètres accumulés au cours de leur précédent voyage.

Un tutoriel donnant une actualité à un racisme très XIXe siècle, du temps où la création des zoos humains était au service de la légitimation de la colonisation. 

2. LAN repeuple les zoos humains, cette invention européenne 

Hasard du calendrier, comme on dit, il vient de se jouer à Concepción (à 500 km au sud de Santiago du Chili), une pièce de théâtre de la compagnie chilienne La Patogallina, Extranjero. El último Hain) portant sur l’enlèvement par le Français Maurice Maître d’« indigènes » du Chili au XIXe siècle : des Selk’nam de la Terre de Feu ont été arrachés à leur vie pour être exhibés comme des animaux dans des « zoos humains » à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889.

1889. L’année où l’on a construit la tour Eiffel pour célébrer le centenaire de la Révolution. Celle de l’égalité, de la liberté et de la fraternité, comme le rappelle l’excellent documentaire de Pascal Blanchard et Éric Deroo, Zoos humains (2002), dont je reprends l’essentiel du propos ici.

On parle de « zoos » humains, car c’est bien un importateur d’animaux, l’Allemand Carl Hagenbeck, qui lança l’affaire. Affaire également conclue avec Albert Geoffroy Saint-Hilaire, le directeur du Jardin zoologique d’acclimatation de Paris, où des personnes remplacèrent les animaux dévorés pendant le siège de Paris de 1870-1871.

Les Indiens d’Amérique du Sud de Maurice Maître, tout comme les « indigènes » des colonies françaises, eux aussi enlevés à leur pays, y étaient présentés comme des cannibales (car quoi de plus sauvage qu’un cannibale ?). Qu’il n’étaient pas. 

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Selk'nams (habitants de la Terre de Feu, île de l'extrême Sud du Chili et de l'Argentine) avec Maurice Maître, 1889. Auteur inconnu.

La mise en scène de la sauvagerie ou la construction d’un regard raciste

Ce mensonge n’était pas vraiment un problème pour les impresarios qui, flairant une affaire juteuse (de fait ces foires ont accueilli autour de 400 millions de visiteurs occidentaux et exhibé 30 000 personnes pendant un demi-siècle à travers l'Europe [1]), savaient mettre leur sens de la mise en scène au service du voyeurisme européen, et d’un pouvoir colonial auquel l’invention de la hiérarchie des races permettait de justifier à la fois les conquêtes et le travail forcé (mis en place par Napoléon III en 1853, 5 ans après la seconde abolition de l'esclavage, puis à travers les Codes de l'indigénat).

On ne reculait devant aucune manipulation. On habillait les Amazones du Dahomey (actuel Bénin) de costumes qui n’existaient pas, on forçait des femmes à se déshabiller pour se montrer seins nus et satisfaire ainsi la libido masculine. Les spectatrices n’étaient pas en reste devant les corps quasi nus des Zoulous d’Afrique du Sud. On prenait soin de ramener une femme à peine enceinte pour ajouter un numéro au spectacle : « Une naissance au village ». On a également inventé l’existence des Niam-Niams, sauvages brutaux par excellence [2].

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 Mapuches exhibés au Jardin d'Acclimatation de Paris, photo de Pierre Petit, 1883.

Tout un univers réinventé et scénarisé, au service d’une organisation du monde qui exonérait les empires coloniaux de toute remise en question. Il était important, pour légitimer la soi-disant conquête civilisatrice, de montrer des sauvages.

Ils s’avéraient parler un français parfait ? Ne pas correspondre à l’image du barbare que l’on voulait exhiber ? Aucun problème : les acteurs de ce qui deviendrait « les fantasmes de l’Occident », disent les auteurs du documentaire – fantasmes auxquels certains s’accrochent encore certains – étaient sous contrat (ce qui ne veut pas toujours dire payés en espèces sonnantes et trébuchantes). Ils jouaient donc leurs rôles de cannibales, de sauvages, et parlaient « petit nègre » (au Chili, l’expression équivalente, et qui a toujours cours, est « hablar como un indio – parler comme un Indien).

Un spectacle à géométrie variable

L’entreprise est rentable à la fois économiquement et politiquement. Inutile en effet de tenir de longs discours [3] : la place de spectateur et celle d’exhibé explicitent le statut de cet « autre », concept excellemment analysé par la philosophe et sociologue Christine Delphy [4].

Bientôt on ajouta aux côtés des personnes, dans les villages « reconstitués », des richesses (café, cacao, bois…) qu’il convenait d’exploiter, leurs propriétaires les délaissant trop au goût des autrement plus ambitieux Européens.

On construisit des bâtiments pour laisser penser, par contraste avec leur habitat « précaire » (tentes, huttes…), que Touaregs, Kanaks ou Laotiens bénéficiaient de la protection bienvenue de la France.

Quand il fallut faire montre de la création d’États nations modernes, unis, alors les Africains, ravalés au rang d’inférieurs, servirent de repoussoirs pour se trouver des points communs entre Bretons, Corses et Basques.

L’Exposition universelle ou comment fabriquer de toutes pièces, à travers des événements ludiques et pseudo-pédagogiques aux conséquences dramatiques, le spécimen d’humain non humain. Haute manifestation de civilisation s’il en est, ce que ne manquera pas de signaler Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. Le domaine de la pensée fait sa part du travail, puisque bien des philosophes n’ont pas trouvé contraire à la logique de considérer comme inférieures nombres de « populations » – à commencer par les femmes.

La science du XIXe siècle a également déployé de grands moyens pour étayer l’idée d’une prétendue hiérarchie de races (mais aussi de classe ou de sexe, comparant les cerveaux des Blancs et ceux des Noirs, ceux des ouvriers et ceux des patrons, et enfin ceux des hommes et ceux des femmes – cette dernière comparaison étant la seule qui soit toujours d’actualité sans que cela ne heurte plus que ça les consciences).

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Exposition de Nantes. Village noir. Prière à la mosquée, carte postale de 1904.

Une pensée au service du racisme ?

Bien avant la grande entreprise de déshumanisation que furent les zoos humains, les Européens, par l’intermédiaire de souverains et de papes, avaient préparé la légitimation de l’esclavage des Indiens d’Amérique après la « découverte du Nouveau Monde », au cours des débats connus sous le nom de « controverse de Valladolid » : les Indiens ont-ils une âme ou peut-on exploiter à loisir ces inférieurs ? Les enjeux sont énormes [5].

Rappelons-nous que l’humanité a ainsi été accordée par les Européens aux Indiens... et refusée aux Noirs. Ce qui « autorise » l’esclavage. Des Noirs, nous dit l’historien Pascal Blanchard [6], qu’on a voulus montrer comme des fainéants, histoire de justifier l’esclavage : il fallait « les mettre au travail », sans quoi ils n’auraient jamais rien fait. (Ce qui explique la contradiction des propos nauséabonds du parfumeur français Jean-Paul Guerlain, entendus en 2010 sur une chaîne nationale : « Pour une fois je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres sont tellement toujours travaillé, mais enfin… »)

Les stéréotypes racistes ont ainsi été construits par les Européens au service de leurs intérêts.

L’Europe n’a pas seulement créé les conditions matérielles de la déshumanisation de personnes venues d’ailleurs. Elle s’est constitué tout un arsenal juridique (le Code noir [7], dont l’article 44 déclare que les Noirs sont des biens meubles), et philosophique. À l'époque, la pensée raciste se caractérisait surtout... par sa banalité.

Malheureusement, certains s’en inspirent encore aujourd’hui sans aucune vergogne (voir le texte [8] dont certains passages inspirèrent Henri Guaino, auteur du discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy en 2007 [9]. Henri Guaino qui s'en est défendu par la suite en se réclamant – c'est un comble , d'Aimé Césaire [10])Après tout, ces éminents penseurs figurent toujours en bonne place dans les manuels de philosophie sans qu’on les y malmène trop, ni qu’on les fasse voisiner avec d’autres philosophes ayant fait preuve d’un sens autrement plus aigu de l’égalitarisme.

Hegel

Il était rare de ne pas partager les convictions racistes de son temps au XIXe siècle, et Friedrich Hegel est un représentant de cette pensée :

« Ce continent [l’Afrique] n’est pas intéressant du point de vue de sa propre histoire, mais par le fait que nous voyons l’homme dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l’empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation. L’Afrique, aussi loin que remonte l’histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance qui, au-delà du jour de l’histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noire de la nuit.

[...] L’esclavage ne doit pas exister, car il est en soi et pour soi injuste selon le concept de la chose. Mais le « doit » exprime quelque chose de subjectif, il est, comme tel, non historique. [...] On ne peut prétendre de façon absolue que l’homme, par le seul fait qu’il est un homme, soit considéré comme essentiellement libre. Il n’en était rien chez les Grecs et les Romains eux-mêmes. L’Athénien n’était libre qu’en tant que citoyen d’Athènes et ainsi de suite. Notre idée générale, c’est que l’homme est libre en tant qu’homme ; mais autrement il n’a de valeur que sous quelque aspect particulier : époux, parents, voisins, concitoyens, n’ont de valeur que l’un pour l’autre. Chez les nègres, cela ne se produit qu’à un faible degré. Les sentiments éthiques, entre eux, sont d’une extrême faiblesse, ou, pour mieux dire, n’existent pas du tout. Le premier rapport éthique, celui de la famille, est absolument indifférent aux nègres. Les hommes vendent leurs femmes, les parents vendent leurs enfants, et inversement, selon le rapport réciproque de puissance qui existe dans chaque cas. » 

On voit comment Hegel doit également passer par la déshumanisation pour justifier un esclavage dont il commence par dire qu’il ne doit pas exister. 

Olympe de Gouges

À l’inverse, rendons hommage à Olympe de Gouges, qui ne s’est pas seulement battue pour les droits des femmes [11], mais aussi contre l’esclavage, après un certain chemin et en charriant bien entendu elle aussi son lot de préjugés [12], en écrivant en 1788 Réflexion sur les hommes nègres, quand le Code noir est toujours en vigueur : « [...] en avançant en âge, je vis clairement que c'était la force et le préjugé qui les avaient condamnés à cet horrible esclavage, que la Nature n'y avait aucune part, et que l'injuste et puissant intérêt des Blancs avait tout fait. »

Rendons hommage à Olympe de Gouges, et non aux révolutionnaires français de 1789, car ce ne sont pas eux qui se sont battus ni pour les droits des femmes – la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 les exclut – ni pour ceux des Noirs, qu’ils ont laissés sans statut et sans droits en 1794, date de la première abolition de l'esclavage.

Rappelons qu’Olympe de Gouges fut condamnée à la guillotine par le tribunal révolutionnaire pour ses écrits politiques, dont un manifeste considéré comme « attentatoire à la souveraineté nationale » [13]. Et qu’elle est loin de figurer à la place qui devrait être la sienne dans la plupart des manuels d’histoire, l’histoire étant écrite par les vainqueurs.

Jules Ferry

Notre grand Jules Ferry, loué pour avoir institué en tant que président du Conseil la gratuité de l’enseignement primaire et l’ouverture de l’enseignement secondaire aux filles en 1881 et, en tant que ministre de l’Instruction, l’instruction laïque et obligatoire en 1882, fut aussi ministre français des Affaires étrangères.

C’est dans l’exercice de cette fonction qu’il déclare devant l’Assemblée nationale le 28 juillet 1885 [14], 60 ans après le texte de Hegel : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures [...] parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures. [...]

Ces devoirs, messieurs, ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de la civilisation. [...] »

[...] Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu'il y a plus de justice, plus d'ordre matériel et moral, plus d'équité, plus de vertus sociales dans l'Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ?

Est-ce qu'il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l'Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? »

Vision que ne partageaient pas tous les députés présents, et à laquelle semblait souscrire Nicolas Sarkozy, bien qu’en des termes plus contemporains, dans son discours de Toulon du 7 février 2007 [15], qui s’élevait contre « la mode si détestable de la repentance » (à 14’), poursuivant ainsi (à 16’) : « [le rêve européen] ne fut pas tant un rêve de conquête qu'un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé de la France. [...] Beaucoup de crimes et d’injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n’étaient ni des monstres, ni des exploiteurs. [...] Il ne faut pas confondre le système et les hommes. Il faut respecter les hommes et les femmes de bonne foi qui pensaient œuvrer utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient [...] sans jamais exploiter personne. [...] Alors je veux le dire à tous les adeptes de la repentance qui refont l’histoire et qui jugent les hommes d’hier sans se soucier des conditions dans lesquelles ils vivaient ni de ce qu’ils éprouvaient [...] Je veux leur dire : de quel droit demandez-vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, que souvent leurs pères n’ont commises que dans l’imagination des professionnels de la repentance ? »

À lui qui dans ce même discours affirmait : « quand on ne sait pas d’où l’on vient, on ne sait pas qui l’on est », et à tous les autres, rappelons les zoos humains et tous les discours qui les ont précédés, et laissons entendre les mots d’Aimé Césaire.

Aimé Césaire

Devoir de civilisation ? Aimé Césaire répond dans Discours sur le colonialisme (1950 [16]) :

« [...] le geste décisif est ici de l'aventurier et du pirate, de l'épicier en grand et de l'armateur, du chercheur d'or et du marchand, de l'appétit et de la force

[...]

Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, l'impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies. Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote et l'homme indigène en instrument de production. À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification. J'entends la tempête. On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse et à la sagesse.

[...]

Colonisation et civilisation ? La malédiction la plus commune en cette matière est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. [...] je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine. Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral [...] »

Le racisme dans la culture populaire

Avec les zoos humains, le racisme scientifique a laissé place à un racisme populaire. Et le pouvoir colonial eut beau interdire les zoos humains dans les années 1920 – car le temps était venu de donner des preuves de cette civilisation que l’homme blanc était censé avoir apportée aux indigènes –, les zoos humains avaient joué leur rôle de construction, très efficace, du regard raciste.

Ces exhibitions ont été la seule rencontre avec l’« autre » pour la grande majorité des Européens. Peu importait alors le discours officiel désireux après un temps de remplacer les stéréotypes humiliants pour des images d’indigènes civilisés – c’est-à-dire en réalité acculturés : le public en redemandait.

Et la chanson populaire, comme le théâtre, la photographie, la bande dessinée (Tintin, Tarzan) et le cinéma (Tarzan de nouveau) se sont chargés de prendre le relais pour donner à ce regard colonial, empreint de l’idée de hiérarchie, de nouveaux espaces dans lesquels exister.

La vidéo de LAN nous prouve non seulement que ce regard n’a toujours pas disparu, mais que ces représentations peuvent ne pas choquer aujourd’hui, au point de les retrouver dans la communication de ceux dont l'activité consiste à relier les pays et les continents entre eux.


Références
 
– Christian BÁEZ y Peter MASON, Zoológicos humanos. Fotografías de fueguinos y mapuche en el Jardin d'Acclimatation de París, siglo XIX, Santiago (Chilie) : Pehuén, 2006.
– La Patogallina, Extranjero. El último Hain, 2011.
– Pascal BLANCHARD et Éric DEROO, Zoos humains, 2002, 52 mn. 
– Nicolas BANCEL, Gilles BOËTSCH, Éric DEROO, Sandrine LEMAIRE et Pascal BLANCHARD, Zoos humains. Au temps des exhibitions humaines, Paris : La Découverte, 2004, 490 p. 
– Le site Déshumanisation. Quand l'homme finit en cage ! aborde le phénomène des zoos humains, les stéréotypes qu'ils a générés, et leur actualité.
– Chronologie de l'esclavage sur le site de France TV Éducation.
Notes
 

[2] Les Niam-Niams qui, « si l’on compare avec les autres êtres imaginaires qui ont pris naissance dans cette région de l’Afrique centrale, [...] plus que d’autres, figurent la méchanceté », écrit Jean Dominique Penel dans Homo Caudatus. Les hommes à queue d’Afrique centrale : un avatar de l’imaginaire occidental, Paris : Selaf, 1982 (p. 139).

[3] Cela n’empêche pas qu’il y ait eu des discours, et il y ait eu des études dites scientifiques, le XIXe siècle ayant été celui de la craniométrie, dont le grand représentant en France fut le magnifiquement misogyne Paul Broca. Et – comme c’est étrange – les conclusions justifiaient toujours les hiérarchies de race, de classe et de sexe existantes. Qu’ils soient Noirs, femmes ou ouvriers, les dominés étaient à leur place en bas de l’échelle à laquelle on les mesurait. Voir la présentation de La mal-mesure de l’homme de Stephen Jay Gould (éd. Odile Jacob, 1997) sur le site Hominides.

[4] Pour une analyse très éclairante des enjeux de ce concept et du fonctionnement des dominations, lire le recueil d’articles de Christine Delphy, Classer, dominer. Qui sont les autres ?, ainsi que « La construction de l’autre », retranscription, sur le site Les mots sont importants, d’un entretien avec Christine Delphy, réalisé par Daniel Bertaux, Catherine Delcroix et Roland Pfefferkorn publié dans la revue Migrations et sociétés (janvier-février 2011).

[5] Michel FABRE, « La controverse de Valladolid ou la problématique de l'altérité », Le Télémaque 1/2006 (n° 29), p. 7-16, consultable en ligne sur le site du Cairn.

[6] Emission « Les tabous du racisme », extrait de 16 mn consacré à l'histoire et à la théorisation du racisme, ainsi qu'aux zoos humains, diffusé le 31 octobre 2007 sur France 2.  

[7] Le code noir de 1724 est la seconde version, promulguée par Louis XV, du texte originellement établi par Colbert et promulgué par Louis XIV en 1685 : Code noir ou recueil d’édits, déclaration et arrêts concernant la discipline et le commerce des esclaves nègres des îles françaises de l’AmériqueVoir art. 44 p. 95.

[8] Friedriech HEGEL, extrait de La Raison dans l'histoire. Introduction à la philosophie de l'histoire, 1822-1830, publié sur le site du Monde diplomatique.

[9] Retranscription du discours de Dakar du 26 juillet 2007 de Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, sur le site Afrik.com.

[10] Henri Guaino : « C'est très intéressant, le discours de Dakar, quand on critique des phrases qui sont tirées presque mot pour mot d'Aimé Césaire, y a quelque chose de risible, pardon », extrait du Grand Journasur Canal Plus, le 7 novembre 2011.

[11] Olympe DE GOUGES, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791.

[12] Le code noir de 1724 est la seconde version, promulguée par Louis XV, du texte originellement établi par Colbert et promulgué par Louis XIV en 1685 : Code noir ou recueil d’édits, déclaration et arrêts concernant la discipline et le commerce des esclaves nègres des îles françaises de l’Amérique.

[13] Olivier BLANC, « Olympe de Gouges, une femme du XXIe siècle. "Celle qui voulut politiquer" »Le Monde diplomatique, novembre 2008.

[14] Procès de Marie-Olympe de Gouges devant le tribunal révolutionnaire sur el site le droit criminel, de Jean-Paul Doucet.

[15] Voir la préface de la pièce qu’elle fit monter à la Comédie française en 1789, L’Esclavage des Noirs ou l’heureux naufrage.

[16] Intervention de Jules Ferry devant l’Assemblée nationale le 28 juillet 1885, site de l'Assemblée nationale française. On peut y voir les propos dans leur contexte et les interventions et protestations d’autres députés.

[17] Enregistrement vidéo du Discours de Toulon du 7 février 2007 de Nicolas Sarkozy, trois mois avant d'être élu président de la République française, sur le site de l'UMP. 

[18] Aimé CÉSAIRE, Discours sur le colonialisme [1950], Paris : Présence Africaine, 1995, p. 8-9 et éd. de 1989, p. 11-12.