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Vue de Temuco depuis le cerro Ñielol

Temuco, c’est la capitale du pays mapuche, une ville relativement laide et triste, que le touriste en quête de sensations fortes (et il ne manque pas au Chili de ces occasions) laissera probablement de côté. Eh bien le touriste ne sait pas ce qu’il perd ! Certes il faut habiter à Concepción à l’année pour aller y voir, mais on n’en revient pas déçu, si on va y chercher ce qui s’y trouve réellement (comme souvent).

À quatre heures de route de Conce, Temuco est la porte d’entrée dans le monde méconnu d’un peuple dit « originaire » du Chili, les Mapuches (voir articles du 4 octobre 2010, du 18 septembre 2010 et du 28 août 2010). Tout un symbole, bien que les références y soient bien moins présentes qu’à Cañete, entre Temuco et Concepción, dont la forte revendication de l’identité mapuche s’étale à travers la ville.

Certes, à Temuco vous risquez fort de rencontrer la pluie évoquée par Pablo Neruda dans son autobiographie J’avoue que j’ai vécu, cette « grande pluie australe qui tombe du pôle comme une cataracte » et qui a humidifié son enfance. Mais derrière ce voile désormais synonyme de poésie et de nostalgie (allez, faites un petit effort), vous trouverez également de quoi vous occuper deux ou trois jours.

Le musée régional de l’Araucanie

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Le terme d'Araucanie, pays des Mapuches, vient des Espagnols. On sent d’ailleurs leur main-mise également à l’architecture du bâtiment (là encore, rien à voir avec le musée de Cañete, résolument mapuche).

La scénographie vous promène agréablement sous une lumière tamisée entre poteries, objets rituels, bijoux en argent (platería), véritables témoins de la cosmologie mapuche, et armes à feu espagnoles.

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Museo regional de la Araucanía, photo A. Magot 

Le musée est ouvert tous les jours et présente une collection permanente et une exposition temporaire. Vous pouvez vous inscrire à l’avance, par téléphone ou par mail, pour une visite guidée, les mercredis et jeudis.

La boutique du musée, ouverte du mardi au samedi, est administrée par la fondation Chol-Chol (organisation de commerce équitable à but non lucratif) et propose principalement des produits d’artisanat de la région (connue pour ses textiles) et des livres.

Informations pratiques : voir le site du Museo regional de la Araucanía

Le restaurant mapuche Kokavi

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Ne manquez pas d’aller manger à un prix défiant toute concurrence au restaurant Kokavi (Rodriguez, 1073, local 2). Attention à ne pas vous laisser emporter par votre enthousiasme d’étranger en quête d’authenticité, bien attrapé  pour avoir commandé la cazuela du jour (bouillon aux légumes et à la viande) sans avoir rien compris aux explications de la serveuse  de se retrouver devant une soupe d’estomac. À tester : le mudaï, une boisson traditionnellement à base de quinoa qui accompagnait  les cérémonies religieuses. Aujourd'hui elle est préparée avec du blé, influence espagnole oblige. Mais rien à voir avec le mote con huesillo... (voir article du 5 novembre 2011)

Aux dernières nouvelles (qui datent tout de même de 2010), il était fermé le dimanche et après 20h. Tél. : (+56) 94 43 06 71

Si jamais vous aviez faim en dehors de ses horaires, voilà deux adresses de secours (car il n’est pas facile de trouver autre chose que du fast-food à Temuco) :
- Gohan (sushis), Vicuña MacKenna 53 ou Hochstetter 401 / Tél. : (+56) 45 73 11 10
- Mariett (cafétéria) : Massman (con Prat), galería Massman, local 9 / Tél. : (+56) 45 74 74 00 / Site Internet : http://www.marriet.cl

Le marché municipal

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 Le mercado municipal de Temuco sous le soleil, comme quoi c'est possible

Dans ce beau bâtiment s’exposent de nombreuses boutiques. Elles satisferont à coup sûr vos attentes en matière de cadeaux et souvenirs : tambour de machi (le fameux tambour mapuche décoré), platería mapuche (bijoux en argent reproduisant en miniature des attributs traditionnels des femmes mapuches, tels le siquel porté sur la poitrine et le trarilonco, porté sur la tête), vaisselle de terre cuite, tapis, ponchos, lainages divers. Si vous avez une prédilection pour les textiles, offrez-vous une petite échappée à la fondation Chol-Chol, qui se trouve entre Temuco et Nueva Imperial (km 16). 

En 2010 le marché artisanal était ouvert tous les jours de l’année :
- du 1er avril au 30 septembre, du lundi au samedi (8h-19h) et les dimanches et fêtes (8h30-16h)
- du 1er octobre au 31 mars, du lundi au samedi (8h-20h) et les dimanches et fêtes (8h30-16h30)

 

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Le cerro Ñielol

Depuis cet îlot de verdure en bordure de la ville, vous découvrirez Temuco transformée en lieu majestueux sous les rayons du soleil couchant (si, si). Sur ses hauteurs, il existe un site appelé "La Patagua del armisticio", du nom de l'arbre qui y a été planté en 1939 pour commémorer la création d'un parlement constitué de représentants chiliens et mapuches (que d'autres appellent la reddition des Mapuches), en 1881. Les Mapuches ont été les derniers peuples originaires du Chili à résister à l'occupation. Ils ont alors cédé des terres sur lesquelles serait bâtie Temuco.

Vous croiserez également quatre chemamulls (« personnages de bois » en mapudungun), érigés en 1995 et rénovés en 2011 par l'artiste et machi Cristian Collipal Velásquez. Ils représentent les ancêtres de la cosmologie mapuche : Ullcha Zomo et Weche Wentru (une femme et un homme jeunes) et Kushe et Fucha (un homme et une femme âgés). Les chemamulls sont traditionnellement utilisés lors des cérémonies funéraires.

Au sommet se trouve un restaurant dont les baies vitrées, si vous y trouvez une place, vous offrent une vue imprenable sur Temuco transformée au coucher du soleil.

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Deux des quatre chemamulls du cerro Ñielol

 


Références

– Julie ALEMAN, Max THOMET, Didier BAZILE et Jean-Louis PHAM, « Central role of nodal farmers in seed exchanges for biodiversity dynamics. Example of “curadoras” for the quinoa conservation in Mapuche communities in South Chile », dans Innovation and Sustentable Development in Agriculture and Food, Portail HAL-CIRAD, Montpellier, ISDA 2010, juin 2010 (en français).

– CONAF, Monumento natural cerro Ñielol, voir « Caracteristicas culturales del area » (en espagnol).

– SURCO, « Mapuche renovaron los Che Mamull en el Cerro Ñielol », mars 2011 (en espagnol).

– Pedro MELINAO, Entrevista con Cristián Collipal : « Es posible ir resignificando todo lo que nuestros abuelos nos dejaron. », 5 septembre 2011 (en espagnol).

– Musée chilien d’art précolombien, « Chemamull, gente de madera » (en espagnol).

– Carlos ALDUNATE DEL SOLAR, Mapuche. Semillas de Chile, mai 2009 (en espagnol).