orgullosos

« Orgullosos de ser Chilenos » (Fiers d'être Chiliens)

Au Chili il n’existe pas d’équivalent de la SNCF, qui aurait un monopole sur le transport terrestre collectif et public sur les longues distances. Les cars (« buses ») ont droit de cité, et ce n’est rien de dire qu’il en est fait bon usage. C’est un moyen de transport extrêmement courant, ponctuel, réparti sur l’ensemble du territoire, confortable et très bon marché (¡muy barato!). Les Chiliens ont raison d'être fiers !

La vitesse du bus est limitée à 100 km/h, et la plupart du temps, des films sont projetés, parfois en continu. Ça a son avantage dans le cas d’un Santiago – San Pedro de Atacama. Dans un pays de 4 000 km de long, on n’hésite pas à se déplacer de cette manière.

Voilà le versant clair du car chilien. Néanmoins tout utilisateur régulier ne saurait trouver cette description complète. Voilà à présent le côté obscur du monde réel et donc imparfait du bus.

Les mesures de sécurité

La limite de vitesse est donc de 100 km/h. Petite spécificité chilienne : si le conducteur la dépasse, un bip continu retentit. Cette procédure de sécurité peut se révéler infernale : on ne vous souhaite pas de rencontrer le conducteur que ça indiffère et qui aime jouer avec les limites…

Sur un écran lumineux défilent les informations mettant en avant ces formidables contraintes censées assurer votre sécurité à bord du véhicule : le nom du conducteur, le temps de conduite écoulé, le temps de conduite autorisé, la vitesse du véhicule. Ce qui n'empêche pas de déplorer des accidents réguliers. Depuis celui qui a fait beaucoup parler de lui l’an dernier (un bus à deux niveaux s’est retourné dans un virage), la présence de ceintures de sécurité est obligatoire.

Le chauffeur ne peut dépasser un temps de conduite de 5 heures d’affilée. C’est moyennement rassurant (cela dit, si en France on préconise une pause toutes les 2h, la loi permet une conduite continue de 4h30, ce qui n'est pas beaucoup mieux). Quand vous apprendrez que 5 mn d’arrêt suffisent à remettre les compteurs à zéro, votre foi sera d’autant plus mise à mal que ledit chauffeur aura accroché l'incontournable pancarte « Dios es mi piloto » (Dieu est mon pilote) à côté du rétroviseur. Fatalisme ou délégation de responsabilité ?

dios es mi piloto

Consignes diverses et variées à l'avant du bus, assorties de l'inévitable
« Dios es mi piloto »

Les voisins

L'axiome de Jean-Paul se voit une nouvelle fois vérifié : (dans le bus,) l’enfer, c’est les autres. Les Chiliens n’ont pas l’habitude de modérer leurs productions sonores. C’est vrai également dans les bus de ville, les micros. Vous profiterez des conversations téléphoniques d'autrui, des fibres mélomanes généreusement partagées depuis un téléphone, de la bande sonore du film que votre voisin regarde sur son ordinateur, des bip de sa conversation sur une messagerie instantanée…

Vous pouvez toujours riposter en sortant votre sandwich au Munster (s’il a pu passer la douane), mais vous risquez de renforcer cette réputation tenace et décidément internationale de puanteur qui colle à la peau du Français.

Le film de bus (voir article du 4 octobre 2011)

Petits tuyaux sur le placement

Lorsque vous achetez vos billets, vous choisissez votre siège sur l’écran du vendeur. Selon la compagnie et le type de véhicule, la répartition des sièges, le prix et le confort varient. 

Si vous n’avez pas peur que le bus se renverse, que vous ne souffrez pas de vertige et que les films de bus vous hérissent le poil (voir plus haut), montez au segundo piso (les Chiliens comptant en niveaux et non en étages, vous serez donc à l'étage), aux toutes premières places. Vous bénéficierez d’une vue imprenable sur la route, qui peut valoir le détour (entre Concepción et Santiago, le paysage étant peu palpitant, vous ferez plutôt ce choix pour éviter de vous cogner les genoux au siège incliné du voisin de devant).

Évitez la proximité des toilettes, au fond à gauche dans les bus à un seul niveau, qui produisent déplacements et relents peu ragoûtants. (À ce sujet, se munir de papier toilette et de gel antibactérien, et gare à la lunette sauteuse.)

Il existe plusieurs niveaux de confort dans le bus, dont la terminologie peut également varier. Pour reprendre la plus courant, vous trouverez le « semi-cama » (plus confortable que le siège standard, il est inclinable), le « cama » (qui porte mal son nom puisqu’il ne vous offre pas de position horizontale mais est sacrément confortable. Par ailleurs vous pouvez disposer d’un écran individuel ou à partager avec votre voisin) et le « cama suite » (qui devrait s’appeler « cama » puisqu’il vous offre la possibilité de vous allonger).

En « cama » et « cama suite », vous pouvez faire le choix d'un siège sans voisin latéral, et les toilettes sont situées sur une plate-forme séparée. 

Bref, au Chili le bus est un moyen de transport hautement recommandable. Cela dit, pour un Punta Arenas – Arica, préférez tout de même l’avion…

Faites bon voyage ! ¡Qué tengan un buen viaje!