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Rapa Nui vue d'avion, photo Olivier Perret

Le nez collé au hublot de l’avion, vous regardez d’un œil distrait cet îlot au milieu du Pacifique. Bon, vous vous êtes mis du mauvais côté ou quoi ? Ils pourraient faire un tour pour que tout le monde la voie, quand même.

Au temps pour vous, c’est elle. Eh oui, elle est toute petite, on vous avait prévenu-e, non ? Un triangle dont le côté le plus long ne dépasse pas 24 km, perdu au milieu du Pacifique, ça donne ça. L’île de Pâques pour les Européens, qui l’ont « découverte » le jour de Pâques, en 1722. Rapa Nui (la grande Rapa) pour ses habitants, nom qui la distingue de Rapa, parfois appelée Rapa Iti (la petite Rapa), dans l’archipel des Australes.

(Toujours du hublot de l’avion) D’accord, c’est elle. Mais… elle est toute plate, pour une île formée de trois volcans. Et puis elle est… ben, elle a l’air normale, quoi. D’ici on ne distingue pas ses gigantesques statues. Ses douces collines sont dominées par un vert tout ce qu’il y a de plus banal. Pas d’aura surnaturelle à l’horizon.

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La baie d'Hanga Roa, le village de l'île

Comme quoi une île mythique, dont le halo de mystère a traversé les siècles, ça peut avoir l’air tout à fait normal. Surtout pour quelqu’un qui survole 4 000 km en 5 h, sans doute. Venu-e, à la Thor Heyerdahl, sur votre radeau de balsa depuis les côtes péruviennes, après des mois et des mois d’un périlleux voyage, sans rien à l’horizon, jamais, à manger du poisson à tous les repas, accueilli-e par des statues immenses, vous auriez sans doute vécu une arrivée plus mystique. (Étant entendu qu’Heyerdahl et son Kon-Tiki ne se sont pas rendus de cette façon sur l’île de Pâques, mais dans l’archipel des Tuamotu.)

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 Une plage d'Hanga Roa

Haut les cœurs, le comité d’accueil est à la hauteur de sa réputation. Iorana ! Bienvenus ! Des colliers de fleurs, une petite ondulation vahiné (certes accompagnée d’un tract vous invitant au spectacle de danse du mercredi soir, mais quand même, ça change des 15 chauffeurs de taxi à deux doigts de vous assommer à coup de pancartes à la sortie de l’aéroport de Santiago), le soleil, la douceur de l’air (qui vous fait bien vite retirer vos couches de vêtements héritées de l’automne bien avancé de la côte), et même une tortue de mer. Y a pas à dire, ça dépayse.

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