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Espérons que l’entrée en matière sur la nourriture chilienne (voir article du 20 juin 2011) vous ait – subtilement – amenés à ne pas vous attendre à des trésors gastronomiques. Ce serait tout à fait de circonstance, puisque le Chili – allez, lâchons le morceau –, n’est pas vraiment renommé pour sa tradition culinaire.

Oui, pour un Français c’est une vérité qui fait mal, et au quotidien. Mais ce sont des choses qui arrivent. Alors on rêve, on rêve de cette cuisine française – presque toujours – raffinée qui nous met l’eau à la bouche. En dans l’intervalle, une bonne nouvelle : ça apprend à aller chercher au plus profond de soi – ou du site marmiton.org – des ressources insoupçonnées de maître-queux.

L’autre bonne nouvelle, c’est qu’avec ses 4 300 km de long, le Chili connaît des climats variés et des productions diversifiées toute l’année. Grâce à des produits de base achetés au supermarché et au marché de Collao pour les Penquistes (les samedis où le courage est au rendez-vous), on peut presque tout faire. (Les habitudes ayant la vie dure, insistons : le dimanche, juré craché c’est fermé, inutile d’aller traîner vos guêtres du côté du stade.)

Là-bas, les pommes de terre s’achètent par lots de 7 kg (on peut en prendre moins, mais le prix affiché, c’est celui-là, de quoi redonner tout son sens à la corvée de patates), les espèces d’avocats sont plus nombreuses que jamais, les oignons ont la taille d’un pamplemousse, les carottes, les tomates et les courgettes ont elles aussi subi un traitement qui les a amenées à gonfler jusqu’à trois fois leur taille connue (la culture des OGM est-elle autorisée au Chili ? Oui. De là à savoir si ces légumes monstres en sont, l’étiquetage des produits n’étant toujours pas de mise, le mystère reste entier).

Côté étalages de poissons dévidés à la demande et en direct, la reineta – Brama australis – est délicieuse. On trouve aussi du congre et du merlu. Les fruits de mer sont bizarrement présentés sous forme de brochettes, les lapins, pelés (quelques poils aux pattes résistent, façon caniche de compétition) et exposés à même le bois du stand. C’est aussi le moment d’acheter du fromage (rien de puant, ce qui fera sans aucun doute retomber aussi sec l’excitation du Français en quête de Munster), des œufs verts du campo (la campagne), du miel et des herbes, à commencer par la coriandre fraîche, dont les Chiliens sont très friands.

L’été ouvre un festival de fruits : fraises, framboises, myrtilles, cerises se dévorent par cageots. On trouve aussi des papayes, des mangues (à côté de celles du Mali force est de constater qu’aucune ne fait le poids), des grenades, des baies encore inconnues. L’hiver c’est le temps des kiwis, des clémentines, des oranges, des éternelles pommes, des coings, mais aussi de fruits qu’on me permettra de qualifier de « chelous » rapport à leur absence certaine d’inscription au bataillon, à la tête desquels le kiwano, vendu sous l’étiquette « Inca gold ». C’est dans cette catégorie que se range le chirimoya (chérimole), bien connu des amateurs de jus de fruits chiliens, et tant d’autres... toujours sous le coup d’une enquête – dont les résultats sont à venir.

À défaut de recomposer la tartiflette qui fait rêver vos papilles, vous serez tout de même armés pour vous lancer dans l’élaboration de quelques plats typiques (car il y en a, et pas des moindres, malgré toutes les réserves émises), des humitas au curanto en passant par le pastel de jaiba. À vos paniers !

Dédicace spéciale aux Chtis blagueurs du dimanche :-)


Référence

Pauline VERRIÈRE, « Chili. Accès à l’information en matière d’OGM : les règles évoluent », Inf’OGM, mars 2011.